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    St Bernard

    Église St Bernard de la Chapelle, vers 1895

     

    À deux pas du 28 rue Affre, au n°11, se dresse l'église Saint Bernard de la Chapelle. Célèbre pour son occupation par des sans-papiers en 1996, et leur violente évacuation par les forces de l'ordre, cette église a aussi accueilli Louise Michel et le Club de la Révolution pendant la Commune de Paris. Mais ce que l'on sait moins, c'est que cet édifice religieux construit de 1858 à 1861, dernière construction prestigieuse d'une commune en plein expansion, était la fierté du conseil municipal de la Chapelle Saint-denis et particulièrement de son maire d'alors, Antoine Hébert. En effet, la commune  de la  Chapelle Saint-Denis, créée en 1790 et redessinée  à partir des contours de la paroisse de la Chapelle Saint-Denis (brièvement nommée "la Chapelle Franciade" pendant la révolution), a connu un essor démographique et industriel remarquable à partir des années 1830, obligeant les édiles municipaux à mener une politique urbaine ambitieuse.

     

    Marville

    Charles Marville, "Église St Bernard de la Chapelle, architecte Magne" 186?

     

    Pour accompagner ce développement industriel et cette forte croissance démographique (le village passe de 800 habitants en 1806 à 33.346 habitants en 1856), impulsés notamment par la présence des voies de chemin de fer du Nord et de la gare de marchandises créée sur la commune, de nombreuses rues et places sont percées (en particulier dans le quartier de la Goutte d'Or) ainsi que des bâtiments publiques (écoles mairie…). Mais il s'avère également nécessaire de repenser l'offre liturgique, l'église Saint-Denys de la Chapelle (16 rue de la Chapelle) se trouvant bien trop petite pour le nombre  de fidèles, croissant sans cesse. Dès 1854, le Conseil municipal conduit par Antoine Hébert adopte l'idée d'un nouvel édifice religieux. Se pose la question de son emplacement. Il est d'abord envisagé de créer un grand édifice vers le centre du bourg (aujourd'hui "Marx Dormoy"/marché de l'Olive) qui se substituerait à l'église Saint-Denys (la basilique Jeanne d'Arc qui la jouxte aujourd'hui n'a été construite à partir de 1929). Mais finalement, c'est le quartier excentré de la Goutte d'Or qui est privilégié.

    Un premier projet est proposé par l'architecte Paul-Eugène Lequeux, ce projet est rejeté mais pas perdu, car c'est celui qui servira à la construction de l'église N.D. de Clignancourt située face à l'actuelle mairie du 18e, place Jules Joffrin. C'est finalement le projet de l'architecte Auguste-Joseph Magne qui est retenu. Magne imagine un pastiche gothique du XVe siècle qui sera salué comme une réussite en la matière, entre autres par Viollet-le-Duc (Les églises de Paris, 1883, p.198-200). Le Conseil municipal, par délibération en date des 15 juin et 12 décembre 1857, a voté la construction de cette nouvelle église. Le Préfet de la Seine en a approuvé les plans et devis (695.820 fr, mais le montant réel fût de 1.000.000 fr) le 25 juin 1858. La première pierre est posée le 10 août 1858, et l'église est consacrée le 29 octobre 1861. Mais entre la pose de la première pierre et sa livraison, l'édifice change de propriétaire. En effet, sous l'impulsion du préfet Haussmann, plusieurs communes sont annexées à Paris (loi du 16 juin 1859, effective le 1er janvier 1860) dont la Chapelle (l'équipe municipale d'alors y est fortement opposée); ainsi, l'église Saint-Bernard devint de fait un édifice parisien. En guise de bienvenue, la commune de Paris offre à Saint-Bernard son porche, non prévu sur le plan initial, et la grille de pourtour (que l'on repeint en ce moment) pour une somme dépassant les 600.000 fr.

     

    St Bernard 1890

    Église Saint-Bernard de la Chapelle, gravure anonyme vers 1890. Représentation erronée qui omet le porche, mais qui donne un aperçu de l'église si la Chapelle Saint-Denis n'avait pas été annexée à Paris.

     

    Mais malgré ce changement de tutelle municipale, il subsiste à l'intérieur de l'église une marque étonnante du conseil municipal de la Chapelle Saint-Denis: la nef est soutenue par des piliers dont les chapiteaux sont ornés des masques des édiles municipaux. Je n'ai pas trouvé d'explication à cette rareté, mais effectivement, on retrouve plusieurs têtes sculptées qui représentent une partie du conseil municipal de la commune de la Chapelle ainsi que M. Merle, l'architecte-voyer de la commune qui conduisit les travaux de l'église, et l'abbé Christophe, curé de la paroisse. Une place était réservée à Magne l'architecte, mais ce dernier, sans doute empreint de plus de modestie que les autres notables pétrifiés, déclina l'offre et préféra une allégorie de l'architecte plutôt qu'une reproduction de son portrait. Précisons que ce conseil municipal, sous le Second Empire, n'est pas élu, mais est nommé parmi les électeurs, rappelons également que le système électoral d'alors est masculin et censitaire (seuls les plus imposés, donc les plus riches votent), c'est donc des notables que nous retrouvons là.

     

    nef

    Charles Marville, "Église St Bernard de la Chapelle" 186?

     

    Faisons donc le tour de ces portraits municipaux dans l'église Saint-Bernard de la Chapelle, qui témoignent d'un temps précédant la loi du 9 décembre 1905 instaurant le principe de laïcité, temps où les affaires politiques et religieuses ne se distinguaient pas. Il est à noter qu'une partie du conseil municipal n'y est pas représenté, il s'agit des conseillers suivants: Fournier, Toutain, Merlin, Degouet, Gourland, Vincent, Martin, Soudé, Dubert, Liévois aîné, Brisson. Mais intéressons-nous plutôt à ces notables de pierre qui, en cent cinquante-trois ans, impassibles, ont  vu défiler les ouailles ouvrières de la Goutte d'or, qui ont pu entendre Louise Michel montée en chaire, qui ont vu l'occupation de l'église par des familles sans droit et qui ont entendu les coups de hache des policiers venus déloger brutalement ces mêmes familles.

     

    - Travée de gauche, partant du fond vers l'entrée:

     

    Antoine-Joseph Hébert, maire

    Né le 5 septembre 1815 à Caen (Calvados) et mort à son domicile, 13 rue des Roses à Paris 18e, le 18 mai 1896. Il fût conseiller de Paris après l'annexion. Chevalier de la Légion d'honneur le 14 août 1862.

    Hebert

     

    Louis François Eugène Merle, architecte

    Agent-voyer de la commune, il fût le conducteur de travaux de l'église.

    Merle

     

    Marie-Joseph Fège, conseiller

    Né le 22 novembre 1799 à Mégève (Savoie). Il acquiert la nationalité française le 5 novembre 1845. Entrepreneur de voitures de place à la Chapelle Sait-Denis.

    Fège

     

    Christophe-François Calla, conseiller

    Né le 5 février 1802 à Paris et mort le 24 février 1884 à Nice. Industriel (fonderie industrielle et fonderie d'art) dont les usines et ateliers sont localisés à la Chapelle Saint-Denis. Chevalier de l'ordre de la Légion d'Honneur le 26 avril 1843.

    Calla

     

    CF Calla 

    Portait de Christophe-François Calla (Anonyme) 

     

    Aubusson, conseiller

    Médecin, 16 rue Doudeauville (adresse supprimée par l'élargissement des voies de chemin de fer du Nord)

    Aubusson

     

    Gautheron, conseiller

    Gautheron

     

    Laval, conseiller

    Peintre sur porcelaine. 

    Laval

     

     

    - Travée de droite, partant du fond vers l'entrée:

     

    Auguste-Joseph Magne, architecte de la ville de Paris (allégorie)

    Né le 16 avril 1816 à Etempes (Seine et Oise) et mort en juillet 1885. Chevalier de la Légion d'Honneur le décembre 1862 et Officier de la Légion d'Honneur le 26 juillet 1879.

    Magne

     

    Abbé Jean-Joseph Christophe, curé de la Chapelle

    Né à Rochesson (Vosges) le 16 avril 1803. Il est nommé curé de la Chapelle Saint-Denis le 8 février 1851, puis  nommé évêque de Soissons par un décret du 11 novembre 1860, préconisé le 18 mars 1861 et sacré à Reims le 5 mai 1861. Il meurt le 10 août 1863 à Soissons. Ses armoiries d'évêque ont été gravées postérieurement sous son masque. Chevalier de la Légion d'honneur le 11 juin 1837 et   Officier de la Légion d'honneur le 4 juin 1860.

    Christophe

      

    Armes Christophe

    Extrait de: Armorial des prélats français du XIXe siècle , par le Comte de Saint-Saud

     

    Mgr Jean-Joseph Christophe

    Mgr Jean-Joseph Christophe (1861-1863), évêque de Soissons et Laon

     

     

    D'heilly, adjoint

    Habitait au 8 de la rue de Jessaint.

    D'heilly

     

    Moreau, adjoint

    Moreau

     

    Jean-Baptiste Tingot, conseiller

    Né le 22 octobre 1788 à la Chapelle et mort le 26 mars 1870 à son domicile au 14 rue des Roses à Paris 18. Chevalier de la Légion d'Honneur le 21 mars 1831.

    Tingot

     

    Georges Gustave Jean Baptiste Loustau, conseiller

    Né le 23 juin 1809 à Saarlouis (Prusse/Moselle) et mort le 20 janvier 1895. Ingénieur civil à la Compagnie du chemin de fer du Nord. Il a été conseiller municipal de la Chapelle de 1851 à 1860. Chevalier de la Légion d'Honneur le 18 octobre 1858

    Loustau

     

    Legrain, conseiller

    Legrain

     

     

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    L'ancienne commune de la Chapelle,  annexée à Paris en 1860 pour former le 18e arrondissement avec la commune de Montmartre, s'est vue coupée en deux en 1845 par le percement des voies de chemin de fer du Nord qui aboutissent à la Gare du nord toute proche. Ainsi la Goutte d'Or, alors quartier de la Chapelle, s'est trouvée de fait coupée du centre de la commune. Dès lors, la nécessité de lancer des ponts pour recoudre ce territoire déchiré s'est imposée.Plusieurs ponts ont d'emblée été construits sur la tranchée des chemins de fer, comme le pont Marcadet, le pont Doudeauville, le pont de Jessaint ou le pont Saint-Ange (sur le boulevard de la Chapelle). D'autres ponts ont été projetés, même un square couvrant les voies de chemin de fer (nous reviendrons sur ces projets avortés dans un article à venir), mais parmi eux, seul le pont Jean-François Lépine a vu effectivement le jour. 

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine
    Plan de la Goutte d'Or, nouvellement traversée par les chemins de fer du Nord, aux environs de 1845

    (Cliquer sur les images pour agrandir)

     

    Les ponts de la Goutte d'Or

     

    Nous commençons donc une série d'articles sur les ponts de la Goutte d'Or par le dernier né de ces ouvrages d'art, le pont Jean-François Lépine. La construction de ce pont est décidée en 1894 (et même envisagée dès 1864) mais sa mise en oeuvre attendra 1897, notamment pour procéder aux expropriations nécessaires et organiser le relogemment temporaire de l'école de garçons rue Stephenson devant disparaître pour laisser place au pont.

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine
    Vue sur le pont Jean-François Lépine depuis les voies de chemins de fer, photo prise sous le pont Jessaint. Carte postale sur la grève des Cheminots du Nord de 1910

     

    Un exploit technique 

    La construction de ce pont n'est pas passée inaperçue et a retenu l'attention de la presse généraliste et de la presse spécialisée. En effet, d'abord monté d'un seul tenant, il a été jeté en deux jours, les  23 et 24 août 1897, au-dessus des voies de chemin de fer et sans interruption du trafic ferroviaire. L'extrait du journal la Science Française, reproduit ci-dessous, détaille la délicate opération.

     

        Extrait de la Science Française N° 132, Aout 1897:

    "LE LANCEMENT DU PONT DE LA RUE STEPHENSON

    Le pont J.-F. Lépine (1).

    Le pont de la rue Stephenson sur la voie du chemin de fer du Nord repose depuis quelques jours sur ses culées. L'opération délicate du lancement s'est faite sans incident, en présence d'une foule curieuse. Le pont J.-F. Lépine relie la rue Stephenson à la rue de la Chapelle ; il a été voté en 1894 par le Conseil municipal. Après les formalités administratives, les enquêtes, les expropriations, etc., les plans furent dressés par M. Louis Biette, ingénieur de la septième section municipale, et approuvés par M. Boreux, ingénieur en chef du service technique.

    Ce pont traverse la vaste tranchée de la ligne du chemin de fer du Nord et exactement il l'endroit de la « bretelle » de jonction de toutes les voies. On désigne sous le nom de bretelle une série d'aiguilles qui permet de faire passer les trains sur toutes les lignes aboutissant à la gare d'arrivée ou s'éloignant de celle-ci. C'est un enchevêtrement de rails en ligne droite et en biais, qui supprime tout espace libre ; il n'y a pas en quelque sorte d'entre-voie sur ce point et il était donc impossible de placer là un pont à piliers, ni môme d'élever un échafaudage pour le montage sur place.

    Il fut donc décidé qu'on assemblerait le pont sur l'une des rives et qu'on le poserait ensuite sur les culées édifiées de chaque côté de cette tranchée large de 40 mètres. On emprunta une partie du square Saint-Bernard, on confisqua la rue Stephenson et on obtint ainsi un chantier assez vaste pour y effectuer le montage du pont. Les travaux commencèrent le 5 mai dernier, et à la fin de juillet l'assemblage était terminé. Le pont a 43 mètres de long, 13 de large ; il pèse 400.000 kilogrammes. En même temps on édifiait les culées en maçonnerie destinées à recevoir les extrémités du pont. Ce travail donna lieu à quelques surprises, car le sous-sol des environs est compose de couches marneuses, de carrières remblayées. Bref, on tomba juste sur une poche sablonneuse et il fallut creuser quatre puits de dix-huit mètres de profondeur pour asseoir solidement les culées. Ce travail spécial fut dirigé par M. Brunet, conducteur municipal, pendant que son collègue, M. Thomas, surveillait le montage du pont.

    Tout étant prêt, le dernier rivet posé, l'avant-bec, long de vingt-sept mètres, et du poids de cinquante tonnes, fut ajusté au pont et M. Biette procéda, avec M. Thomas, son collaborateur, aux expériences de vérification. Ces expériences furent contrôlées par M. Borcux, ingénieur en chef.

    Il ne s'agissait plus que de placer le pont en travers de la tranchée, sans interrompre la circulation si active des trains de la Compagnie du Nord.

    Le pont fut placé sur une série de galets, huit treuils furent solidement fixés,et on procéda à l'opération. C'est en apparence très simple quatre chaînes sont attachées de chaque côté de l'extrémité du pont qui reste sur la rive; ces chaînes vont sous le pont passer sous des poulies de renvoi et reviennent s'engager sur les treuils. Deux autres chaînes sont fixées directement. Les quatre chaînes font avancer, les deux autres retiennent, et cela est si bien agencé que seize hommes suffisent pour faire déplacer cette masse de fer de quatre cent cinquante tonnes.

    L'avant-bec ayant passé, on commença à faire avancer le pont. Tant que l'avant-bec dépasse, cela va bien, il est supporté parle poids du pont qui lui est quatre fois supérieur mais là où l'opération devient épineuse, c'est quand l'avant-bec prend son appui de l'autre côté.

    En effet, le pont, à partir de ce moment, n'est plus en équilibre et naturellement tend à basculer, c'est là où l'avant-bec entre en travail, et plus cela va, plus le travail augmente car le poids du pont s'accroît.

    Il y a un moment émotionnant, car cette opération est très périlleuse; mais tout avait été disposé en prévision du basculage, qui couperait les voies et bloquerait la gare. Les trains n'ont pas cessé de circuler, le « basculage » ne s'est pas produit, et les craintes des ingénieurs du chemin de fer se sont dissipées.

    L'opération a été menée avec une précision remarquable. Après quelques heures, le pont touchait de l'autre côté et l'avant-bec dévalait inutile. C'était un spectacle fort instructif pour tous ceux qui s'intéressent aux travaux d'art, et il faut féliciter en bloc MM. Boreux, Biette et Thomas, et aussi un praticien expérimenté, M. Bergeron, chef monteur de MM. Nouguier et Kessler, d'Argenteuil, les entrepreneurs de la construction du tablier métallique. M.Bergeron lançait son cinquantième pont. Le pont, avec ses travaux de viabilité, coûtera environ 400.000 francs.

    (1): Jean-François Lépine, qui donne son nom au pont, n'est nullement parent du préfet de police ; c'était un habitant de la Chapelle, décédé récemment, et qui a laissé une rente de 80.000 fr. aux pauvres du quartier."

     

    Pour compléter et illustrer cet article de la Science Française, la revue Le Génie Civil nous offre des schémas et photographies montrant parfaitement la prouesse technique, unanimement saluée alors comme telle (cliquer sur les images pour agrandir).

     

    Extraits de la revue Le Génie Civil, N° 795 4 septembre 1897. 

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine
    "Croquis schématique montrant différentes phases du lançage du pont J.-F. Lépine"

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine

     Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine
    Plusieurs vues sur les opérations de lançage du pont jean-François Lépine

     

    Le pont Jean-François Lépine fût inauguré le 21 février 1898 le même jour que le nouveau groupe scolaire Saint-Luc, situé dans la rue éponyme toute proche.

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine
    Le Rappel du 22 février 1898

     

    Vibrons sur le pont

    En 1902 le pont Jean-François Lépine est l'objet d'une expérimentation sur ses réactions aux vibrations. Une expérience qui n'est pas passée inaperçue dans le quartier et bien au-delà. Là aussi, la presse s'est fait l'écho de cette singulière expérience qui visait à mesurer la résonance du pont. On y fit passer un rouleau compresseur de 30 tonnes, puis un groupe de seize hommes (de "pas plus de mille kilos au total") au pas de gymnastique. Ce dernier test est plutôt inquiétant, car le diagramme obtenu montre que le pont entre alors dangereusement en résonance ; une foule dense qui le franchirait au pas cadencé le mettrait gravement en péril. On peut voir le résultat inquiétant sur le diagramme ci-dessous :

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine

      

    Un peu plus tard, en mai 1928, un arrêté préfectorale interdit à tout véhicule dont le poids est compris "entre 7,5 tonnes et 10 tonnes sur l'un des essieux" d'emprunter le pont Jean-François Lépine (au-delà de 10 tonnes par essieu, les trajets sont soumis à autorisation).

     

    Un nom bien laïc...

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine
    La rue J.F. Lépine vers 1900

     

     

    Chaque pont porte un nom, généralement celui de la voie qui le traverse. Le pont Jean-François Lépine, en toute logique porte celui de la nouvelle rue ouverte en vue de sa construction et qui relie la rue Marx Dormoy (alors rue de la Chapelle) et la rue Stephenson. Jean-François Lépine, ancien habitant de l'ancienne commune de La Chapelle et philanthrope est mort sans héritier, il a légué une rente de 80.000 francs aux indigents du quartier. C'est en sa mémoire qu'il fût attribué son nom à cette rue et ensuite au pont qui la prolonge.

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François LépineActe de décès de Jean-François Lépine

     

    Précisons, comme le fait la revue la Science Française dans sa note de bas de page de l'article reproduit plus haut, qu'il ne faut pas confondre Jean-François Lépine et Louis Lépine, alors préfet de Paris et qui a laissé son nom au concours éponyme. Confusion que l'on retrouve dans le journal satirique Paris à la Fourchette, qui déplore, à tort, l'outrecuidance dudit préfet qui se serait attribué le nom d'une rue de son vivant. Une place porte depuis le nom de Louis Lépine dans le 4e arrondissement.

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François Lépine
    Paris à la Fourchette, 1897

     

    À l'annonce de l'inauguration du pont J.F. Lépine, le journal chrétien La Croix s'émeut dans son édition du 18 janvier 1898 du choix du nom pour ce pont. Croyant comme d'autres que le pont aurait été nommé "pont Saint-Bernard" en référence à l'église Saint-Bernard toute proche, il déplore qu'on préfère un nom "bien long… et pas populaire" plutôt que celui d'un saint. Rappelons que l'époque est celle de débats houleux qui aboutiront à la loi de 1905 sur la laïcité, l'enjeu de ce baptême dépasse la facilité d'usage qu'invoque La Croix.

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 1. le pont Jean-François LépineExtrait du journal La Croix, 18 janvier 1898

     

    Terminons en ajoutant que, comme les autres ponts de la Goutte d'or, le pont Jean-François Lépine sera allongé à plusieurs reprises pour permettre l'élargissement des voies de chemins de fer du Nord (rive Est de la tranchée) rendu nécessaire avec l'augmentation du trafic ferroviaire. Le dernier élargissement date de 1977.

     

     

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  • Après s'être interrogé sur le "28" du nom de ce blog dans un précédent article, "Numéro 28", intéressons-nous à présent à la partie "rue Affre" et plus particulièrement à son nom. Profitons aussi de l'occasion pour porter notre attention sur les rues de la Goutte d'Or et l'origine de leur nom (nous aborderons leur histoire générale dans un autre article à venir). 

    Les noms des voies de la Goutte d'Or ont quelque peu évolué au fil du temps, notamment après l'annexion des communes des faubourgs à Paris. En effet, sous l'impulsion du baron Haussman, la commune de la Chapelle a été intégrée à Paris en 1860, formant avec la commune de Montmartre le 18e arrondissement. Une grande campagne de mise à plat des dénominations et des numérotations des rues est entreprise en 1863 et 1864. Il fallu alors procéder à un grand nombre de suppression de doublons pour rendre intelligible la nomenclature des voies parisiennes. C'est ainsi que la rue d'Alger à la Chapelle est devenue la rue Affre à Paris (Déc. du 24 août 1864).

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     "Sublime dévouement du pieux Archevêque de Paris (23 juin 1848)"

     

    (Cliquer sur les images pour agrandir)

      

    Les noms de voies sont attribués généralement selon des repères topographiques. La proximité d'un édifice religieux contraint à des noms en rapport, comme les rues Saint-Bruno, Saint-Jérôme, Saint-Luc, Saint-Matthieu et Pierre l'Ermite autours de l'Église Saint-Bernard. La rue d'Alger de l'ancienne commune de la Chapelle (percée vers 1840, entrée dans le giron municipal et baptisée en 1850) devant être renommée pour éviter la confusion avec la rue d'Alger dans le 1er arrondissement, c'est donc le nom d'un prélat parisien, monseigneur Affre, qui est choisi. Denis (ou Denys) Auguste Affre (1793-1848), était un archevêque de Paris blessé mortellement par une balle perdue sur les barricades le 26 juin 1848 en tenant une médiation entre les belligérants. On a voulu célébrer ainsi la mémoire de cet homme dont la mort marqua fortement les esprits de ses contemporains. 

     

    la Goutte d'Or en 1814

    Carte 1: le futur quartier de la Goutte d'Or en 1814

      

    Pour les autres rues, la proximité avec la Gare du Nord, les voies de chemin de fer et les ateliers ferroviaires a contribué à donner des noms d'industriels et d'ingénieurs, comme pour les rues Polonceau ou Stephenson. D'autres noms sont dus à d'anciens lieu-dits, comme les rues de la Goutte d'Or, des Islettes ou de la Charbonnière. Des voies peuvent porter le nom de riverains, comme pour la rue Boris Vian, la rue Maxime Lisbonne ou le square Alain Bashung. Le quartier de la Goutte d'Or  concentre quelques noms de rue faisant référence à des villes algériennes, comme la rue Laghouat (ex rue Mazagran) ou la rue d'Oran. Cela est dû à la conquête coloniale contemporaine du percement de ces voies, alors sises dans la commune de la Chapelle (jusqu'en 1860). Avant l'annexion de cette dernière, on pouvait flâner aussi dans les rues d'Alger (rue Affre) et de Constantine (rue Myrha). Bien qu'ouverte postérieurement, la rue de Tombouctou a été nommée ainsi selon cette même référence coloniale. Les voies secondaires (cité, villa ou passage) sont souvent nommées comme l'artère principale les jouxtant, comme la cité Marcadet.

     

    La Goutte d'Or en 1866

    Carte 2: le quartier de la Goutte d'Or, après annexion à Paris en 1866

     

    La dénomination des voies portant des noms de personne obéissent à certaines règles et à certaines exceptions. La norme parisienne veut que l'on ne retienne que le nom de famille sans titre ni prénom, comme pour la rue Affre (Monseigneur  Denis  Auguste Affre). On adjoint le prénom pour éviter une homonymie, comme la rue jean-François Lépine (à distinguer de la place Louis Lépine dans le 4e). Les artistes conservent leur prénom s'il faisait partie de leur nom de scène, comme pour la rue Boris Vian. Lorsque l'on rencontre des prénoms seuls, comme les rues Ernestine ou Léon, il s'agit en général de voies ouvertes sur des terrains privés et ensuite classées dans le domaine public. On ne garde pas la particule, comme la rue Doudeauville (M. de la Rochefoucauld-Doudeauville); par contre, un nom à particule commençant par un voyelle garde celle-ci. La rue de Jessaint est une entorse à cette règle, bien que commençant par une consonne, la particule est tout de même conservée. Les saints gardent leur distinction canonique, comme la rue Saint-Luc, sauf s'ils sont restés dans la postérité sous un nom particulier, comme pour la rue Pierre l'Ermite.

     

    Les rues de la Goutte d'Or

    Carte 3: le quartier de la Goutte d'Or en 2012 (Michelin)

     

    Dans le tableau ci-dessous, sont résumées les principales informations sur les voies de la Goutte d'Or. Pour rappel, la Goutte d'Or fût jusqu'au début du XIXe siècle un hameau du village de la Chapelle, situé dans le quadrilatère formé actuellement par les boulevard Barbès et de la la Chapelle et les rues des Islettes et de la Goutte d'Or (voir carte 1). Ensuite et jusqu'à l'annexion de des faubourgs en 1860, c'est un quartier en expansion de la Chapelle. Et enfin depuis 1860, la Goutte d'Or est le 71e quartier administratif de Paris (voir carte 4 ci-dessous), dont les limites sont marquées à l'ouest par le début du boulevard Barbès et la rue des Poissonniers, au sud par le boulevard de la Chapelle, à l'est par la rue Marx Dormoy et de la Chapelle et au nord par le périphérique et la commune de Saint Denis. 

    Les rues de la Goutte d'Or

    Carte 4 : les quartiers administratifs du 18e arrondissement de Paris

     

    Nous limitons ici artificiellement ses contours à un territoire plus restreint que la découpe administrative afin de correspondre à l'acception qu'en ont ses habitants, en ramenant sa frontières nord à la rue Ordener et à l'est par les voies de chemin de fer du Nord. Remarquons que ce découpage correspond peu ou prou aux limites en vigueur lorsque la Goutte d'Or était encore un quartier de la Chapelle, jusqu'en 1860 (voir cartes 2 et 3). Notons que ce que l'on appelle couramment aujourd'hui le quartier Barbès n'est qu'un usage informel récent pour dénommer les abords immédiats de la station de métro Barbès-Rochechouart, ce territoire à cheval sur les 9e, 10e et 18e arrondissements n'est pas à proprement parler un quartier. C'est donc abusivement que souvent on entend parler du quartier Barbès plutôt que du quartier de la Goutte d'Or.

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Nota : une grande partie des informations proviennent de la base de données mise à disposition sur le site de la ville de Paris. La nomenclature affichée fournit des renseignements utiles, toutefois on peut regretter quelques imprécisions et manques, voir quelques erreurs ainsi qu'une mise à jour qui se fait attendre. De plus l'histoire même du quartier, né de lotissements spéculatifs privés au début du XIXe siècle, rend difficile la datation exacte du percement des voies, contrairement aux voies d'initiative publique dûment documentées.

     

    Dénomination

    et origine  

     Ancienne

    dénomination

     Situation

     Date de

    percement

    Commentaire

    Rue Affre

    Denis Auguste Affre (1793-1848), archevêque de Paris blessé mortellement sur les barricades le 26 juin 1848

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    rue d'Alger depuis 1850 jusqu'en 1864 (ancienne commune de la Chapelle) 

     Commence au 18 rue Jessaint et finit au 7 rue Myrha

     vers 1840 "par madame veuve Desforges"

    Devient un voie publique par une délibération municipale de La Chapelle Saint-Denis du 19 mai 1850 

    Square Alain Bashung

    Alain Bashung (1947-2009), le chanteur ayant vécu Villa Poissonnière, très impliqué dans la vie associative du quartier

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

     16 rue de Jessaint

    2012 

     

    Place de l'Assommoir

    Référence au roman (et au café) éponyme de Zola qui se déroule dans le quartier

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     9 Rue des Islettes

    1995

     

    Boulevard Barbès

    Armand Barbès (1809-1870), homme politique, farouche  opposant à la Monarchie de Juillet

    Les rues de la Goutte d'Or

    Ancienne partie du boulevard Ornano jusqu'en 1882

    Commence au 126  boulevard de la Chapelle et finit au 75 rue Ordener

    1863

     Son percement a absorbé une partie de la rue des Poissonniers et la rue Lévisse

    Rue Boris Vian

    Boris Vian (1920-1959) ayant vécu dans le 18e arrondissement

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     Commence au 18 rue de Chartres et finit au 7 rue Polonceau

    1992 

     Cette rue piétonne se constitue principalement de deux volées d'escaliers

    Rue Caplat

    Nom du propriétaire du terrain

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     Commence au 32 rue de la Charbonnière et finit au 33 rue de Chartres/47 rue de la Goutte d'Or

    vers 1840 

     Une des seules rues du quartier qui a conservé la totalité des constructions d'origine

    Rue Cavé

    François Cavé (1794-1875) industriel (locomotives), dont les ateliers se trouvaient dans cette rue

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

     Commence au 23 rue Stephenson et finit  au 28 rue des Gardes

     vers 1840

    Devient un voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1841 (Ordonnance royale du 14 mai 1841) 

    Il est à noter que, contrairement à la coutume,  François Cavé, à l'initiative du percement de la voie, a connu une rue à son nom de son vivant.

    Boulevard de la Chapelle

    Ancien village de la Chapelle

    Les rues de la Goutte d'Or

    A l'extérieur de l'ancien mur d'octroi : boulevard des Vertus, entre les rues d'Aubervilliers et Marx Dormoy ; boulevard de la Chapelle, pour le surplus. A l'intérieur de l'ancien mur d'octroi : chemin de ronde Saint-Denis, entre la rue du Faubourg Saint-Denis et la place de la Barrière Poissonnière, qui était située au débouché de la rue du Faubourg Poissonnière ; place de la Barrière Poissonnière. L'ancien boulevard de la Chapelle s'était appelé boulevard des Anges (?) entre les rues Marx Dormoy et de la Charbonnière. Précédemment boulevard Saint-Ange entre les rues de la Chapelle et de la Charbonnière. 

    Commence 43 rue du Château Landon/2 rue d'Aubervillier et finit au 2 boulevard Barbès/170 boulevard Magenta

    1789 

     Sous sa forme initiale, le boulevard de la Chapelle longeait  à l'extérieur le mur de l'octroi (qui se situait approximativement sur l'actuelle ligne d'arbres au Sud du boulevard). Après l'annexion des communes limitrophe en 1860, le mur qui entourait l'ancien Paris a été détruit et les chemins de ronde intégrés aux boulevards adjacents.

    Rue de la Charbonnière

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     Commence au  23 rue Jessaint/1 rue de la Goutte d'Or et finit au 100 boulevard de la Chapelle

    vers 1820

     

    Elle forme une croix de saint André avec la rue de Chartres

    Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1842 (Ordonnance royale du 11 septembre 1842)

    Rue de Chartres

    Duc de Chartres, fils de Louis-Philippe, né en 1840

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Commence au 58 Boulevard de la Chapelle et finit au 10 rue Caplat/45 rue de la Goutte d'Or 

    vers 1820 

    Elle forme une croix de saint André avec la rue de de la Charbonnière

    Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1842 (Ordonnance royale du 11 septembre 1842)

    Passage Doudeauville

    Proximité de la rue Doudeauville

     

    Commençait au rue Doudeauville et finissait au 3 rue Marcadet

    1856 (voie privée)

    1911 (voie publique)

    scindé en 1896 et débaptisé  en 1931

    Il fut divisé en deux parties renomées rue Fancis Carco (de  de la rue Doudeauville à Stephenson) et Émile Duployé (de la rue Stephenson à la rue Marcadet)

    Rue Doudeauville

    M. de la Rochefoucauld-Doudeauville (1765-1841), sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Denis

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Commence au 59 rue Marx Dormoy et finit au 16 rue Custine/58 rue de Clignancourt

    1826  (prolongée en 1847)

     

    Rue Émile Duployé

    Émile Duployé (1833-1912), abbé, auteur d'une méthode de sténographie

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Passage Doudeauville (jusqu'en 1931)

    Commence au 53 rue Stephenson et finit au 3 rue Marcadet 

     1856 (voie privée) 

    1911 (voie publique)

     Elle formait le passage Doudeauville avec l'actuelle rue Francis Carco avant le prolongement de la rue Stephenson

    Rue Erckmann-Chatrian

    Émile Erckmann (1822-1899) et Alexandre Chatrian (1826-1890), littérateurs

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Passage Lecante, puis partie de la rue Richomme  (jusqu'en 1904)

    Commence au 32-36 rue Polonceau et finit au 9 rue Richomme 

     

     

    Rue Ernestine

    Nom de la femme (ou la fille ?) du propriétaire du terrain

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Commence au 44 rue Doudeauville et finit au 25 rue Ordenner

     vers 1840

    Son prolongement jusqu'au boulevard de la Chapelle a longtemps été projeté avant d'être abandonné

    Rue Fleury

    Nom du propriétaire du terrain (?)

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Commence au 74 boulevard de la Chapelle et finit au 17 rue de la Charbonnière/13 rue de Chartres

    vers 1820 

    Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1842 (Ordonnance royale du 11 septembre 1842)

    Rue Francis Carco

    François Carcopino-Tusoli, dit Francis (1886-1958) écrivain français 

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Passage de la Goutte d'Or, de 1886 à 1971. Partie du passage Doudeauville de 1856 (ancienne commune de la Chapelle) à 1886 (avec la rue Emile Duployé)

    Commence au 26 rue Doudeauville et finit au 66 rue Stephenson

    1856 (Voie privée: passage Doudeauville)

    1886 (Passage de la Goutte d'Or)

    1911 (voie publique)

    C'est dans cette rue qu'habita l'Ogresse de la Goutte d'Or (tueuse en série)

    Rue des Gardes

     

    Les rues de la Goutte d'Or

    Chemin des Gardes-Françaises

    Rue Saint Charles dans la partie comprise entre la rue de la Goutte d'Or et la rue Polonceau jusqu'en 1868

    Commence 26 rue de la Goutte d'Or et finit au 43 rue Myrha

     avant 1840

    Cette rue suit le tracé d'un chemin longeant les moulins de la Butte des cinq Moulins

    Devient un voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1842 (Ordonnance royale du 11 septembre 1842)

    Rue de la Goutte d'Or

    Hameau de la Goutte d'Or

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Chemin de traverse de celui des Poissonniers au faubourg de Gloire

    Chemin neuf du Chemin des Poissonniers à la Chaussée Saint-Denis

    Chemin du hameau de la Goutte d'Or

    Commence au 2 rue de la Charbonnière/1 rue Polonceau et finit au 22 boulevard Barbès

    vers 1730 et 1839 pour le tracé et la dénomination actuelle

     Une des plus anciennes rues du quartier avec la rue des Poissonniers, elle a été amputée de sa première partie, devenue la rue de Jessaint

    Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1842 (Ordonnance royale du 11 septembre 1842)

     

    Rue des Islettes

     

    Ancien lieu-dit

     

     

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Rue Neuve de la Goutte d'Or   jusqu'en 1877 

    Commence au 112 boulevard de la Chapelle et finit au 57 rue de la Goutte d'Or 

     1839

     

    Rue Jean-François Lépine

    Jean-François Lépine (1811-1868), bienfaiteur de l'ancienne commune de La Chapelle

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

    Commence au 21 rue Marx Dormoy et finit au 12 rue Stephenson

    1892

     

    Impasse de Jessaint

    Proximité de la rue de Jessaint

    Rue de l'Isly (ancienne commune de la Chapelle)

    Impasse de l'Isly 

    Commençait au droit du 2 rue  de Jessaint (voir plus haut "impasse de l'Isly" sur la carte 2)

     

    Cette voie a disparu en XXXX afin de permettre l'élargissement des voies de chemin de fer de la gare du Nord

    Place de Jessaint

    Proximité de la rue de Jessaint

     

    Était située entre le boulevard de la Chapelle, le début de la rue de Jessaint et les voies de chemin de fer du Nord

    vers 1830 

    D'abord réunie à la place de la Chapelle en 1877, cette petite place  a disparue en XXXX afin de permettre l'élargissement des voies de chemin de fer de la gare du Nord

    Rue de Jessaint

    Le baron de Jessaint, sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Denis en 1830

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    (voir rue de la Goutte d'Or)

    Commençait à ce qui correspond aujourd'hui au début de la rue Pajol, les huit premiers numéros ont été supprimés en 1860 lors de la création de la place de la Chapelle

    Commence au 30 place de la Chapelle et finit au 1 rue de la Charbonnière/2 rue Pierre l'Ermite

    1824

    1829 dans sa configuration actuelle

    Cette rue était initialement la première partie de la rue de la Goutte d'Or

    Rue de Laghouat

    Ville d'Algérie, campagne coloniale d'Algérie

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Rue de Mazagran (ancienne commune de la Chapelle) jusqu'en 1864

     Commence au 37 rue Stephenson et finit au 18 rue Léon

    vers 1840 

     Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1841 (Ordonnance royale du 14 mai 1841)

    Passage Léon

    Proximité de la rue Léon

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Passage Fauvet (Nom d'un moulin, ancienne commune de la Chapelle)

    Commence au 3 rue Saint-Luc et finit au 15 rue Saint-Luc

    visible sur des cartes du 18e siècle

    déclassé en 1991

    Ancien chemin de desserte du moulin Fauvet, aujourd'hui allée du square Léon

    Rue Léon

    Nom du propriétaire du terrain

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

    Commence au 34  rue Cavé et finit au 33 rue Ordener

    vers 1840 (de la rue Cavé à la rue Doudeauville)

    1863 (de la rue Doudeauville à la rue d'Oran)

    1909 de la rue d'Oran à la rue Marcadet

    1925 de la rue Marcadet à la rue Ordener

    Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1841 (Ordonnances royales du 14 mai 1841 et du 30 juillet 1841) 

    Square Léon

    Passage Léon

     

    Les rues de la Goutte d'Or

    Passage Fauvet (ancienne commune de la Chapelle)

    Passage Léon

    "La démole"   (terrain vague surnommé ainsi dans les années 1970)

    20 rue des Gardes

     

    Le square Léon se situe sur l'ancien terrain du moulin Fauvet

    Place Louis Baillot

    Louis Baillot (1924-2007) député de la 27e circonscription de Paris, député européen et conseiller de Paris

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

    Cette place est un tiangle formé par le croisement des rues Ernestine, Marcadet et Ordener

    2012

     

    Cité Marcadet

    Proximité rue Marcadet

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Cité Sainte Anne jusqu'en 1877

    Commençait 25 rue Marcadet

     

    Cette voie a disparu avec le percement de la section de la rue Léon entre la rue d'Oran et la rue Marcadet en 1909

    Rue Marcadet

    La Mercade ou la Marcadé, ancien lieu-dit

    Les rues de la Goutte d'Or

    Chemin des Boeufs

    Commence au 1 rue Ordener/65 rue Stephenson et finit au 86 avenue de Saint Ouen/233 rue Championnet

    Le chemin des Boeufs est indiqué en partie sur le plan de Jouvin de Rochefort  en 1672

    Jusqu'en 1867, elle commençait rue de la Chapelle, avant d'être absorbée en partie par le percement de la rue Ordener

    Rue Maxime Lisbonne

    Maxime Lisbonne (1839-1905) Communard, ancien directeur du théâtre des Bouffes du Nord

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

     

    Commence au 8 rue Émile Duployé et finit au 6 rue Ernestine

    2013

    Cette rue piétonne est la dernière née des voies du quartier

    Rue Myrha

    Nom de la fille du de Biron, maire de Montmartre (non vérifié

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Rue de Constantine pour la partie entre la rue Stephenson et la rue des Poissonniers (ancienne commune de la Chapelle) jusqu'en 1868 et rue Frédéric pour la partie entre la rue des Poissonniers et les rues Christiani/Poulet (ancienne commune de Montmartre)

    Commence au rue Stephenson et finit au 14 rue Christiani/2 rue Poulet

    vers 1840

     Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1841 (Ordonnances royales du 14 mai 1841 et du 30 juillet 1841) 

    Impasse d'Oran

    Proximité de la rue d'Oran

    Impasse du Cimetière (proximité du cimetière de la Chapelle)

    actuellement partie de la rue Pierre Budin

    Commençait au 54 rue des Poissonniers

     

    Cette voie a été absorbée par le percement de la rue Pierre Budin

    Rue d'Oran

    Ville d'Algérie, campagne coloniale d'Algérie

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Commence au 3 rue Ernestine et finit au 46 bis rue des Poissonniers

    vers 1840 

    Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1842 (Ordonnance royale du 11 septembre 1842)

    Rue Ordener

    Michel Ordener (1755-1811) et Michel Ordener, son fils (1787-1862), généraux de division français

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Commence au 73 rue Marx Dormoy/1 rue de la Chapelle et finit au 191 rue Championnet

    1867

    Son percement a absorbé le début de la rue Marcadet

    Rue de Panama

    Canal de panama

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

    Commence au 15 rue et finit au 32 rue des Poissonniers

    1884

    Cette voie forme un Y avec sa "jumelle",  la rue de Suez

    Rue Pierre Budin

    Pierre Budin (1846-1907), professeur agrégé à la Faculté de Médecine et membre de l'Académie de Médecine

    Les rues de la Goutte d'Or

    Impasse du Cimetière, puis impasse d'Oran (en partie)

    Commence au 49 rue Léon et finit au 54 rue des Poissonniers

    1906

    Cette rue est tracée sur l'ancien cimetière Marcadet et a abordé l'impasse d'Oran lors de son percement

     

    Rue Pierre l'Ermite

    Pierre l'Ermite (1050-1115), prédicateur de la première croisade

    Les rues de la Goutte d'Or

    Rue Ernestine prolongée jusqu'en 1874

    Commence au 2 rue Polonceau/26 rue de Jessaint et finit au 9 rue Saint Bruno

    1868 

    Son percement fait partie du projet de prolongement de la rue Ernestine (avec la rue Saint Jérôme), projet abandonné depuis

    Villa Poissonnière

    Proximité de l'ancienne barrière Poissonnière 

    Les rues de la Goutte d'Or

    Villa Dupuy (nom du propriétaire du terrain)

    Commence au 42 rue de la Goutte d'Or et finit au 41 rue Polonceau

    1841

    Voie privée qui a presque conservé son aspect d'origine

    Rue des Poissonniers

    Ancienne voie d'acheminement de la marée à Paris

    Les rues de la Goutte d'Or

    Chemin des Poissonniers

    Chemin de Saint Denis ("Chemin menant à La Franciade" pendant la Révolution)

    Commence 26 boulevard Barbès et finit au 1 rue Belliard/boulevard Ney

    Certainement chemin d'origine gauloise

    Ancien chemin emprunté par les chargements de poissons venant de la Manche vers Paris, avant le chemin de fer. Elle marquait la frontière entre les communes de Montmartre et la Chapelle jusqu'en 1860

    Rue Polonceau

    Antoine Rémi Polonceau (1778-1847), et son fils, Jean Barthélemy Camille (1813-1859), ingénieurs

    Les rues de la Goutte d'Or

    Chemin pour le service des moulins

    Chemin des Cinq Moulins

    Rue des Cinq Moulins

    Chemin des Couronnes

    Rue des Couronnes, jusqu'en 1864 (ancienne commune de la Chapelle)

    Commence au 2 rue de la Goutte d'Or/1 rue Pierre l'Ermite et finit au 8 rue des poissonniers

     

    Cette voie était le chemin de desserte des cinq moulins de la Butte des Couronnes

    Devient une voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1824 

     

    Rue Richomme

    Joseph Théodore Richomme (1785-1849), graveur

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Passage Lecante jusqu'en 1864

    Commence 25 rue des Gardes et finit au 10 rue des Poissonniers

    1843 

    Un arrêté préfectoral du 11 mai 1904 a donné le nom d'Erckmann-Chatrian à un tronçon de la rue Richomme qui débouchait rue Polonceau

    Place Saint-Ange

    Ancien hameau Saint Ange  (nom de l'ancien propriétaire du terrain)

     

    Croisement des rues de la Charbonnière et de Chartres 

    Vers 1830

    Supprimée en 1877 

    Une partie du boulevard de la Chapelle porta le nom de Boulevard Saint-Ange. Le pont surplombant les voies de chemins de fer du Nord porte encore le nom Pont Saint-Ange

    Square Saint-Bernard - Saïd Bouziri

    Église Saint-Bernard et (depuis 2012) Saïd Bouziri (1947-2009) militant des droits de l'homme tunisien qui a vécu dans le quartier de 1970 à 2009

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Square Saint-Bernard

    Place de l'église

    Place Stephenson

     16 rue Affre

    1891 

     

    Rue Saint-Bruno

    Saint-Bruno (XIe siècle), fondateur de l'ordre des Chartreux

    Les rues de la Goutte d'Or

    Rue de Valence (partie entre la rue Stephenson et rue Affre) 

    Commence au 13 rue Stephenson et finit au 6 rue Saint-Luc

    1850 entre les rues Stephenson et Affre

    1858 entre les rues Affre et Saint-Luc (alors partie de la place de l'église) 

    Au n°9 se trouve la salle Saint-Bruno. Cette ancienne chapelle de catéchisme est aujourd'hui un lieu de rencontre associatif central dans le quartier

    Rue Saint-Charles

     

     

     Commençait au 26 rue de la Goutte d'Or et finissait au 21 rue Polonceau

    Déclassée en 1868 

     La rue Saint-Charles a été adjointe à la rue des Gardes  en 1868

    Rue Saint-Jérôme

    Saint-Jérôme (346-420), père de l'Eglise  

    Initialement, partie de la rue Ernestine

     Commence au 8 rue Saint-Matthieu et finit au 11 rue Cavé

    1868 

    Son percement fait partie du projet de prolongement de la rue Ernestine (avec la rue Pierre l'Ermite), projet abandonné depuis)

    Rue Saint-Luc

    Saint-Luc, évangéliste

    Les rues de la Goutte d'Or

    Place de l'église 

     Commence au 10 rue Polonceau et finit au 21-25 rue Cavé

    1858 entre les rues Saint-Bruno et Saint-Mathieu 

     

    Rue Saint-Matthieu

    Saint-Matthieu, évangéliste

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Place de l'église 

     Commence au 21 rue Stephenson et finit au 8 rue Saint-Luc

    1858 

     

    Place Stephenson

    Proximité rue Stephenson

     

    Les rues de la Goutte d'Or

     

    Place de l'église

    16 rue Affre 

     

    Cette place a disparu avec la construction du Square Saint-Bernard

    Passage Stephenson Proximité rue Stephenson

    Passage Stephenson

     

    Commençait Boulevard de la Chapelle et finissait rue de Jessaint dans le prolongement de la rue Stephenson

     

    Ce passage a disparu avec l'élargissement des voies de chemin de fer du Nord

    Rue Stephenson

    George Stephenson (1781-1848), ingénieur anglais, construisit la première locomotive ; voisinage des ateliers du chemin de fer

    Les rues de la Goutte d'Or

    Chemin des Cinq Moulins

    Rue des Cinq Moulins   (entre les rues de Jessaint et Doudeauville)

     Commence au 12 rue de Jessaint et finit au 1 rue Marcadet /21 bis rue Ordener

    18XX (de la rue Saint-Matthieu à la rue Doudeauville)

    1859 (de la rue de Jessaint à la rue Saint-Matthieu)

    1863 (de la rue Doudeauville à la rue Émile Duployé)

    1892 (de la rue Emile Duployé et la rue Ordener) 

    Devient un voie publique de La Chapelle Saint-Denis en 1841 (Ordonnance royale du 14 mai 1841) 

    Rue de Suez

    Canal de Suez

    Les rues de la Goutte d'Or

     

     

     Commence au 1 rue de Panama et finit au 24 rue des Poissonniers

    1884 

     Cette rue forme un Y avec la rue de Panama

    Rue de Tombouctou

    Ville de l'ancien Soudan français, aujourd'hui Mali (campagne d'Afrique)

    Les rues de la Goutte d'Or

    Rue Eugène  Pottier 

     Commence au 52 boulevard de la Chapelle et finit au 11 rue Jessaint

    1896 

    Cette rue a été percée initialement pour prolonger la rue Stephenson 

    Rue de Valence

     

     

     Commençait au  13 rue Stephenson (alors rue des Cinq Moulins) et finissait au 14 rue Affre

    1850

     

     Cette rue a été absorbée par le percement de la rue Saint-Bruno

     

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  • À l'occasion de son cinquantième anniversaire, l'association Sauvegarde et Mise en valeur du Paris Historique s'associe à l'association Cavé Goutte d'Or pour organiser une visite-conférence du patrimoine historique de la Chapelle et de la Goutte d'Or. En qualité d'amateur passionné de l'histoire de la Goutte d'Or, l'auteur de ce blog est honoré d'être le conférencier qui guidera cette visite.

    Cette visite-conférence, "La Chapelle-Goutte d'Or, découverte du patrimoine méconnu historique et multiculturel du nord de Paris", propose de sillonner à travers les rues de l'ancien village de la Chapelle et de son hameau la Goutte d'or pour découvrir l'histoire de cette commune annexée en 1860 à Paris qui forme aujourd'hui le 18e arrondissement de Paris avec Montmartre. Histoire des habitants et des activités, évolutions urbaines, architecture rurale, industrielle et faubourienne, mais également les transformations urbaines récentes seront au menu de cette promenade.

    Le rendez-vous est fixé à 16h à la sortie du métro Marx Dormoy le vendredi 11 octobre 2013 (durée: deux heures).

    Visite gratuite. Parcours et renseignements : Cavé Goutte d’Or.

    JRB

     

    Visite de la Goutte d'Or

     

     

    A la suite de cette visite et toujours dans le cadre de son cinquantenaire, Sauvegarde et Mise en valeur du Paris Historique organise également un rallye ouvert à tou-te-s, Samedi 12 et Dimanche 13 octobre 2013. Rallyes : un circuit à travers la Goutte d'Or est proposé dans le cadre des 50 ans de Paris historique.

    (infos et bulletin d'inscription : http://www.paris-historique.org/?p=149)

     

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  • Ce blog se nommant "28 rue Affre", il convient de parler du numéro 28, et plus particulièrement de la plaque au dessus de la porte d'entrée.

     

    Numéro 28

    Porte du 28 rue Affre

     

    Coté pair, en fin de rue

    Rappelons d'abord pourquoi cet immeuble est situé précisément au numéro 28 de la rue Affre. Le système actuel qui organise la numérotation des voies de Paris (et précédemment du département de la Seine) date de 1805, les tentatives précédentes s'étant révélées inopérantes. Un décret établi alors que les numéros seraient continus tout au long d'un voie et que les numéros pairs se suivent du coté droit. Le début de la rue est déterminé par l'orientation de la voie par rapport à la Seine. Si la rue est perpendiculaire au fleuve, alors c'est le point le plus proche de la rive qui marque le début. Et si la rue est parallèle à la Seine, alors c'est le point le plus en amont qui détermine le commencement de la rue. La rue Affre étant perpendiculaire à la Seine, c'est donc logiquement que la numérotation des immeubles commence du coté de la rue Jessaint au Sud (coté Seine) et se termine rue Myrha.

     

    Extraits du décret du 4 février 1805 : 

    Article 2. Ce numérotage sera établi par une même suite de numéros pour la même rue, lors même qu'elle dépendrait de plusieurs arrondissements communaux, et par un seul numéro qui sera placé sur la porte principale de l'habitation.
    Article 4. La série des numéros sera formée des nombres pairs pour le côté droit de la rue, et des nombres impairs pour le côté gauche.
    Article 5. Le côté droit sera déterminé, dans les rues perpendiculaires ou obliques au cours de la Seine, par la droite du passant se dirigeant vers la rivière, et dans le sens du cours de la rivière.
    Article 7. Le premier numéro de la série, soit pair, soit impair, commencera, dans les rues perpendiculaires ou obliques, au cours de la Seine, à l'entrée de la rue prise au point le plus rapproché de la rivière, et, dans les rues parallèles, à l'entrée prise en remontant le cours de la rivière; de manière que, dans les premières, les nombres croissent en s'éloignant de la rivière, et dans les secondes, en la descendant."

     

    Pour revenir à la plaque du 28, il s'agit d'une plaque en céramique émaillée avec les chiffres blancs sur fond bleu d'azur. Ce modèle en céramique date de 1847. C'est en application d'un arrêté du préfet Rambuteau (28 juin 1847) qui réorganise le numérotage des immeubles que ces plaques en céramiques et leur couleur furent adoptées. Il est donc vraisemblable de penser que celle du 28 soit celle d'origine. D'ailleurs, bon nombre des immeubles du quartier de la Goutte d'or ont la façade ornée de ces plaques.

     

    Numéro 28

    Plaque en céramique émaillée du 28 rue Affre

     

    Mais la Goutte d'or, comme le reste de Paris, possède aussi de nombreux exemplaires de numéros d'immeuble en dehors des normes municipales. L'arrêté préfectoral du 17 mars 1939 impose l'usage de plaques en métal émaillé et rappelle l'obligation des chiffres blancs sur fond bleu d'azur ; l'arrêté municipal du 27 septembre 1982, quant à lui, impose un second emplacement vers la sonnette en plus du numéro placé sur le chambranle de la porte. Mais la Ville de Paris est très tolérante sur les pratiques diverses d'apposer les numéros d'immeubles.

     

    Du 2 au 72 

    On trouve aussi un cas particulier au 72 rue Myrha. En évidence sur le chambranle de la porte, la plaque en céramique se détache sur la pierre claire. Mais en regardant de plus près, juste sous le 72, un 2 taillé dans la pierre se lit clairement. Cette juxtaposition, rare, de deux numéros n'est pas due à une erreur du sculpteur, mais à l'évolution des noms de rue et à l'histoire du quartier.

     

    Numéro 28

    72 rue Myrha (ex 2 rue Myrha)

     

    En effet, la portion de rue qui va de la rue Stephenson à l'intersection avec la rue des Poissonniers n'a pas toujours appartenu à la rue Myrha. Cette rue, qui faisait alors partie de la commune de la Chapelle Saint Denis, est nommée rue de Constantine (la portion située entre la rue Léon et la rue des Poissonniers est ouverte en 1841). La rue des Poissonniers marquait la frontière entre les communes de Montmartre et de la Chapelle Saint Denis. La rue Myrha, ouverte en 1847 (d'abord appelée rue Frédéric), commençait rue des Poissonniers pour finir rue de Clignancourt, elle était alors une voie de la commune de Montmartre (Myrha aurait été le prénom de la fille du maire de Montmartre, Biron). La rue de Constantine a été intégrée à la rue Myrha en 1868, après l'annexion en 1860 des communes de la Chapelle Saint Denis et de Montmartre à Paris. Le 72 rue Myrha était donc le 2 rue Myrha (ou rue Frédéric) à Montmartre lors de sa construction.

     

    La Goutte d'or fait son numéro

    Faisons donc un petit tour d'horizon des numéros d'immeuble de la Goutte d'or. Nous y rencontrons plusieurs manière d'indiquer le numéro d'un bâtiment. Ainsi, nous trouvons les cas de figures suivants :

    - des plaques en céramique émaillée, comme celle du 28 rue Affre, plus ou moins bien intégrées au décor de façade.

     

    Numéro 28

    10 rue Caplat. Plaque en céramique émaillée qui refuse sa place allouée sur le chambranle de la porte.

     

    Numéro 28

    4 rue des Poissonniers. Plaque en céramique émaillée dans son encadrement et surmontée d'une plaque en métal émaillé "Gaz à tous les étages".

     

    - un cas de numéro peint à même le chambranle de la porte

     

    Numéro 28

    4 boulevard Barbes. Numéro peint.

     

    - des numéros taillés à même la pierre, et dans certains cas rehaussés de couleurs

     

    Numéro 28 Numéro 28

           7 rue Caplat                               31 rue de Chartres

    Numéro 28 Numéro 28

    4 rue Ernestine                              11 rue Saint Luc

    Numéro 28

    37 rue Stephenson

     

    - des numéros au style plus libre

     

    Numéro 28

    22-24 rue Myrha

    Numéro 28

    20 rue Léon (1934)

     

    - un numéro chichement tracé à la craie sur la porte d'entrée

     

    Numéro 28

    14 rue Lagouhat

     

     

     

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  • Au pied de l'immeuble du 28 rue Affre se situent deux locaux commerciaux. Celui à droite de la porte d'entrée, un ancien café, est actuellement inoccupé ; celui à gauche est occupé par un atelier de couture.

    Le local vide, qui a été "visité" nuitamment la semaine dernière, présente une façade nue peinte en marron et fermée par une grille. L'atelier de couture a une devanture très sobre avec des menuiseries en aluminium. Tous deux ont perdu leurs décors d'origine, seule une trace d'une ancienne devanture en bois subsiste en haut à gauche de l'atelier de couture ainsi que le bandeau supérieur qui souligne les fenêtres du premier étage.

     

     

    Boutiques actuelles au 28 rue Affre (mai 2013)

     

     (Cliquer sur les images pour agrandir)

     

    Faute de description ou de documents iconographiques, on ne peut qu'imaginer à quoi ressemblaient ces devantures. Pour se faire, on peut s'aider des autres commerces alentours, mais la plupart de ces derniers ont eux aussi perdu leurs décors d'origine et cela pour plusieurs raisons.

    La première raison de cette disparition est le changement d'activité du local. Il faut rappeler que le développement des grandes surfaces commerciales à partir des années 1960 et l'évolution du confort des logements ont participé à la disparition de nombreux commerces de détails ainsi que de bon nombre de restaurants et débits de boissons. 

    C'est le cas du café qui existait à coté du 28 rue Affre, à l'angle formé par l'immeuble du 24-26 rue Affre/8 rue Cavé. Comme on peut le voir sur les clichés ci-dessous, le marchand de vins Barthélemy figuré sur la carte postale a vu ses ouvertures réduites et a laissé place à un logement.

     

     

    Angle des rues Affre et Cavé, 1910 env. (à gauche) et 2013 (à droite)

     

    Autre cas de figure, le changement d'activité et les réfections d'immeuble, ce qui est certainement le cas du 28 rue Affre. L'exemple du local situé au pied de l'immeuble d'angle sis au 14 rue Affre/rue Saint Bruno (photos ci-dessous) est particulièrement parlant. La différence d'apparence est très marquée entre le marchand de vins "À l'ami Henri" vers 1905 et l'actuel local de stockage d'une société de vente de produits alimentaires en gros. Non seulement l'habillage en bois de la devanture du café a totalement disparu, mais certaines fenêtres de l'immeuble ont été murées, les moulures d'encadrement de fenêtre et les persiennes ont été supprimés et les gardes-corps remplacés. Au final, il est bien difficile de reconnaître le même immeuble à un siècle d'écart. 

     

     

    Angle des rues Affre et Saint Bruno, 1905 env. (à gauche) et 2013 (à droite)

     

    Dernier cas, les changements de mode et les défauts d'entretien comme le commerce qui se situe au pied de l'immeuble d'angle du 21 rue Affre/9 rue Myrha. Cette ancienne boucherie est devenue aujourd'hui un restaurant sénégalais. En comparant les séries de clichés ci-dessous, nous pouvons distinguer sur une carte postale du début du XXe siècle un premier décor surmonté d'une frise en métal repoussé. En dessous, une photo prise en 1980 d'une devanture verte plutôt élégante, en  la regardant plus en détails, on remarque qu'il ne s'agit pas du même décor que la précédente et que l'ensemble n'est pas dans un très bon état de conservation. Sur les photos de droite, on voit l'état actuel de ce local commercial qui a pour unique décor les coffrages qui renferment les volets métalliques de protection, l'ensemble venant de recevoir un coup de peinture de rafraichissement.

     

     rue Myrha

    Angle des rues Affre et Myrha, 1900 env. (à gauche) et 2013 (à droite)

     

     angle Affre/Myrha

    Angle des rues Affre et Myrha, 1980 (à gauche) et 2013 (à droite)

     

    Mais en y regardant de plus près, du coté de la rue Myrha, on peut voir un dernier vestige de la frise de carrelage qui encadrait précédemment la porte et les vitrines, englué sous une multitude de couches de peinture.

     

    Frise

    Détail du décor restant au 21 rue Affre (avril 2013)

     

    Ces quelques exemples sont assez représentatifs de l'état actuel de nombreuses devantures de commerce dans le quartier, bien que l'état général des commerces du quartier tend à s'améliorer ces dernières années. Cependant, il faut noter qu'il subsiste plusieurs devantures anciennes, certaines ayant pu bénéficier de réfections heureuses tandis que d'autres semblent plus en sursis. La fragilité de ces devantures en bois fait qu'elles sont peu nombreuses à traverser le temps ; et finalement, la Goutte d'Or, quartier longtemps ignoré des pouvoirs publiques et des promoteurs, compte un nombre non négligeable de ces marques du passé. Reste à connaître leur devenir.

     

    Devantures

    11 rue d'Oran, mai 2013

     

     

    Devantures

    Miroiterie Rigal Albertolli, 15 rue Cavé, mai 2013

     

     

     

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